Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 22:25
Par JC Bouildé, Journaliste

Le parachutage à Toulon de Razzy Hammadi échoue et Michel Vauzelle s'affiche plus que jamais comme un seigneur qui contrôle son fief. Du coup, ça fait réfléchir aussi les communistes qui trainent des pieds pour appliquer la ligne du Front de gauche.


Les portables s’affolent dans le cabinet de Michel Vauzelle et dans les diverses fédérations du PS de PACA. C’est désormais officiel, l’ancienne icône du MJS national ambitionne un retour aux sources dans le Var. Mais voilà, tout le monde ne l’entend pas comme ça, et sa candidature apparaît rapidement comme un boulet pour Vauzelle et ses camarades. Jeudi soir, l’affaire semble entendue, Razzy Hammadi ne fait plus partie de la liste varoise. Un premier coup de semonce de la part des militants locaux est alors envoyé vers Solferino, le siège du PS. En substance, le message est clair et se résume ainsi : « Nous pouvons garder la région, ne nous plombez pas ! ».

A croire que Martine Aubry est dure d’oreille, on joue la montre et on se donne rendez-vous pour samedi lors une seconde commission électorale. Et là, coup de théâtre ! On remet sur la table la candidature de Razzye Hammadi, mais cette fois-ci, sur le quota de place du courant de Martine avec un arrangement à douze bandes qui implique un jeu de chaises musicales dans toute la PACA. Finalement, sans succès, c’est le coup de grâce, Michel Vauzelle et ses militants sont maîtres chez eux. Pas question d’imposer qui que ce soit venu de Paris. N’en déplaise à Aubry, le parachutage forcé est un usage dépassé en PACA. 

Les communistes s’affranchissent des « sauciflards » ?
Il a voté non au référendum européen et ne s’est pas rendu à Versailles pour introniser Sarkozy. Des actes politiques qui ne suffisent pas à convaincre les communistes de faire liste commune en PACA avec l’édile socialiste. Convaincus de flirter avec les 10% à l’arrivée, les caciques des listes Front de gauche autonomes concrétisent bel et bien leur souhait de faire cavalier seul. 

Toutefois, et ce n’est pas coutume dans l’ancienne annexe française stalinienne, des voix s’élèvent et c’est le parfum de la division qui se fait jour. Elus sortants, Vice Président de la région, jeunes cadres du PC, les appels internes rendus de plus en plus souvent publics se multiplient. A cela, il faut ajouter l’alliance incertaine avec les trotkistes du NPA. Les vieux militants en perdent leur latin. Certains jeunes annoncent déjà une mort en trompe l’œil pour ce « dernier » combat. Une chose est sûre, dans les réseaux du Front de gauche, on s’interroge sur la possibilité de passer les 5%, seuil fatidique afin de préserver au moins un élu. Rappelons que lors des européennes, Marie-Christine Vergiat, tête de liste Front de Gauche avait fait un score flatteur de… 6%, ce qui lui avait permis d’être élue à la surprise générale. 

Falco fait campagne pour Vauzelle, Estrosi aussi ?
Est-ce par esprit revanchard ou pour signifier que son absence est tragique pour la droite provençale ?  Une certitude cependant, Hubert Falco a reçu Michel Vauzelle comme un Prince lors de sa dernière sortie varoise en signifiant bien que la région dirigée par le socialiste avait toujours été là quand il le fallait. Devant les gens du coin, cette marque de reconnaissance n’a pas de secret. « On a compris le message » s’est même fendu l’un d’entre eux après les discours. Le préféré de Sarkozy va devoir s’y faire, Thierry Mariani n’est pas en terrain conquis quand il se rend dans le Var, les Alpes-Maritimes ou les Bouches-du-Rhône, bien au contraire serait-on tenté de préciser. Le « sarko désigné » puis élu par les militants UMP pour emmener la liste du parti présidentiel en PACA va devoir jouer des coudes pour s’imposer, si ce n’est déjà pas trop tard. Pour lui, sorti du Vaucluse, le Sud-est est un terrain miné.

Du côté du sous-ministre de l’Industrie, le son de cloche est légèrement différent mais se traduit de la même manière. Christian Estrosi se positionne pour une autre échéance, celle de 2014 et du renouvellement concomitant des conseils généraux et régionaux. Il n’a pas du tout intérêt à voir émerger une autre figure de droite sur la scène régionale. Maintenant que Falco est grillé dans la Sarkozie, et que le Président s’évertuerait à le lui faire comprendre au quotidien, l’éclosion du député du Vaucluse Thierry Mariani an cas de victoire lui interdirait toute ambition régionale. Si l’union est de mise dans les discours, sur le terrain, le Maire de Nice ne ménage pas ses efforts pour bien faire comprendre que la véritable échéance n’est pas celle de mars prochain…

Au jeu de qui en fera le plus pour faire perdre son camp, pas sûr finalement qu’on arrive à départager les vainqueurs. 

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Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /Oct /2009 07:25
Par Jean-Claude Bouildé, Journaliste

Depuis 1998, la gauche tient l'exécutif régional de la Provence-Alpes-Côte d'Azur. Elle le doit beaucoup au poids du FN dans la région. Comme nous l'explique notre correspondant Jean-Claude Bouildé, si l'extrême-droite arrive cette fois-ci Depuis que le transi Toulonnais Hubert Falco a renoncé à partir à l’assaut de la région PACA, rien n’allait plus sur la planète UMP. Il fallait bien une dose de démocratie pour remettre les choses dans l’ordre. Dont acte. Le peuple de droite pourra donc s’exprimer sur un nom pour désigner son candidat, le nouveau sarko-proclamé, Thierry Mariani. Mais cette fois-ci, l’intéressé s’est déjà déclaré disponible… Ouf ! Maryse Joissains-Masini aurait presque fini par devenir incontournable.

Une primaire sur l’échiquier de l’extrême-droite : un atout pour l’UMP ?
Il s’appelle Jacques Bompard, il est réélu depuis 1995 dans sa ville et conduira une liste MPF hors du champ présidentiel avec un nom qui ne passera pas inaperçu, la Ligue du Sud, une référence affichée au parti fascisant italien qui gouverne avec Berlusconi. 
En tant que fondateur du FN, le Maire d’Orange croisera le fer avec Le Pen père, qui partira sur sa dernière campagne en mars 2010. Mais cette autre liste d’extrême droite devrait faire le jeu de l’UMP si elle parvenait à empêcher le FN de passer les 10%. Un scénario rocambolesque qui aboutirait à un duel au second tour, une hypothèse qui fait l’unanimité chez les amis de Sarkozy. 
De là à penser que cette ligue du Sud est une commande sur mesure de Sarkozy, si cela laisse perplexe, cela interpelle. Car pour conquérir la PACA, le premier obstacle, c’est d’abord la triangulaire avec le FN. C’est en effet dans ces conditions que la Gauche a gagné et conservé la région en 1998 et 2004. divisée aux élections, gauche et droite ne semblent pas beaucoup plus au point sur leurs stratégies électorales.

Le PS cherche des alliés
Avant l’été, une alliance avec le Modem était encore envisagée. Mais voilà, aussi large soit-elle, cette alliance a échoué aux portes de la Mairie d’Aix pour moins de 200 voix. Dans ce contexte de crise, renforcé par la volonté du Modem qui entend porter sa propre liste, le PS semble se tourner vers son allié de toujours, le PC. En effet, les communistes semblent ne pas croire à un Front de gauche au-dessus de 10% en PACA, un seuil fatidique puisqu’il empêcherait la fusion s’il n’était pas atteint. Conclusion, les sortants communistes font tout ce qu’ils peuvent pour aller à l’accord avec le PS dés le premier tour, un choix difficile puisqu’il permettrait la survie d’élus communistes en torpillant le Front de gauche. 
Un front arc-en-ciel contre l'UMP
Les Verts sont ouvertement courtisés par le Modem. Une chose est sûre, si les écologistes talonnent le PS dans l’optique d’une liste autonome, l’alliance avec les centristes pourrait sceller le sort des socialistes, a fortiori s’ils partaient seuls. Dans l’optique d’une liste PS/PC et d’une liste Verts/Modem, cela forcerait un accord au second tour du PC au Modem. Des listes qui pourraient se concrétiser, d’une part parce qu’il convient de faire plus de 10% pour se maintenir au second tour, d’autre part pour arriver en tête et présider la région.

Enfin, l’hypothèse d’arriver en troisième position est catégoriquement écartée dans les états-majors socialistes, du moins officiellement. Car dans les faits, elle pousserait actuellement le PS à être relativement généreux avec les communistes.
Pour Michel Vauzelles qui vient de lancer sa campagne en grimpant la montagne de Lure, l’équation est donc complexe pour conserver la région. Et tous les réservoirs de voix comptent, des grandes villes aux petits villages provençaux, tout le monde est sollicité car la différence in fine ne devrait pas excéder quelques milliers de bulletins dans cette région qui compte plus de 3 millions d’électeurs. 

En attendant d’y voir plus clair, donnons raison aux pêcheurs provençaux dont le constat inspire la méditation : « il n’y a que les poissons morts qui suivent le courant ».
 
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Vendredi 4 septembre 2009 5 04 /09 /Sep /2009 07:00
Par Jean-Claude Bouildé, Journaliste

Conquérir la région PACA, c’est l’ultime défi que le «parrain» du Var entend relever. Se déjouer de ses faux amis Gaudin et Estrosi (Marseille et Nice) qui voient d’un mauvais œil l’accession d’un «Toulonnais» à la tête de la PACA, et se défaire du socialiste Vauzelle, qui préside la région depuis 12 ans au profit de triangulaires, Falco entend engranger sa 15e victoire en autant d’élections, avec un brin d’amertume cette fois-ci.

Il rêvait d’un ministère… 
Sarkozy n’aura pas eu cette grâce à son encontre. Les dernières municipales n’auront pas suffi  à lui donner le graal, un ministère à part entière. Lui qui aura été à quatre reprises secrétaire d’Etat fait bonne figure devant les caméras, mais l’amertume est là, bien là, il aurait voulu être ministre et a compris qu’il ne le serait probablement jamais. Dont acte. 

Même s’il réserve toujours sa réponse, un moyen de maintenir la pression sur ses conditions, de se laisser du temps pour gérer la succession à Toulon, c’est un secret de polichinelle dans les couloirs de l’UMP, Falco se voit déjà sur le trône de la région, cela ne fait plus aucun doute. Toutefois, devenir président de la PACA est un véritable sacrifice pour le Maire de Toulon. Il s’agit en effet de se lancer dans une bataille à l’issue incertaine, l’UMP Muselier s’y est déjà cassé les dents en 2004 et le socialiste Vauzelle est bien décidé à conserver son poste. Mais un sacrifice surtout car il devra abandonner la cité toulonnaise (une obligation légale) et de son sous-ministère (une exigence de X. Bertrand).

Bye Bye Toulon ! Bonjour la trahison ?
« J’ai pris un engagement moral avec les Toulonnais, pas question que je les trahisse. Cette ville est sinistrée, son redressement prendra du temps »,  Ce sont les mots bien pesés qu’Hubert Falco a utilisé en octobre 2004 pour quitter le gouvernement et se consacrer à la ville de Toulon. Ce choix lui a permis, au moins en partie, de réaliser un score dantesque en 2008, en réunissant plus de 65% des suffrages au premier tour. Un score astronomique puisqu’il avoisine celui de Sarkozy au second tour de la présidentielle dans cette ville. Une victoire qui exigea du Président nouvellement élu des considérations particulières, avec un déplacement d’importance au début de son mandat et la nomination de Falco au gouvernement. Hubert avait désormais acquis le droit de cumuler son "bien électoral" avec un portefeuille ministériel.

Mais alors, comment expliquer aujourd’hui, moins de 2 ans après sa réélection, qu’il abandonne sa fonction de premier magistrat de Toulon, légalement incompatible avec celle de président de région ? De deux choses l’une, soit Toulon est déjà redressée, soit Falco « trahit » des électeurs qui l’ont pourtant plébiscité. Nul doute, d’un côté comme de l’autre, que les électeurs ne voteront pas d’un seul homme lors des prochaines échéance, le chantier toulonnais étant loin d’être terminé, la parole donnée étant tout aussi difficile à reprendre. 

A quand la guerre de succession à Toulon ?
Pas question de tout lâcher du jour au lendemain, s’il est élu, Falco prendra le temps de passer le témoin. Il deviendra l’adjoint de sa protégée, Geneviève Levy, pendant quelques mois, une année tout au plus, enfin le temps nécessaire pour installer durablement à Toulon l’autorité de celle qu’il a lui-même désignée et qui lui doit sa carrière. 
Car si l’incertitude était encore de mise en juin dernier, il s’est décidé et a commencé à prendre ses dispositions pendant la trêve estivale. Reste encore à régler quelques menus détails, et une fois que tout sera clairement ficelé, l’annonce officielle ne devrait plus être qu’une formalité, son entourage est confiant. N’en déplaise aux agitateurs locaux, Falco n’entend pas livrer sa mairie aux batailles de chapelle. Le « Patron », plus que jamais, c’est lui, et si arbitrage il doit y avoir, nul doute qu’il y aille de sa personne.

Adieu le poste de numéro 2 à la défense !
« C’est un excellent atout pour les habitants de notre département de compter parmi eux le numéro deux de la Défense ! ». Voilà comment le maire de Toulon a commenté sa nomination aux côtés d’Hervé Morin dans les colonnes de Var Matin en juin dernier. Mais entre temps, l’agenda politique s’est  bouleversé : le cumul des mandats s’est hissé en haut des priorités politiques. En effet, l’engagement de Xavier Bertrand d’imposer le non cumul aux futurs présidents de région qui ont déjà un maroquin ministériel risque encore de le faire reculer. Car si le "Roi Hubert du Var" tire les ficelles de Toulon, son agglomération et indirectement du Conseil Général du Var, il peut légitimement s’interroger sur sa capacité à garder la maîtrise de toutes ses institutions en devenant, certes, président de Région, mais en perdant cependant son secrétariat d’Etat et toute implantation locale.

La réforme des collectivités territoriales en ligne de mire
Une victoire aux régionales menacerait ses autres mandats, y compris celui de l’Agglomération TPM (Toulon Provence Méditerranée) dans la perspective de la réforme des collectivités territoriales bientôt discutée en conseil des ministres. Une réforme à l’effet boomerang pour l’ancien secrétaire d’Etat à l’aménagement du territoire car il est prévu la création de puissantes métropoles s’appropriant unilatéralement les prérogatives du Conseil Général. Et c’est là que le bât blesse, ces "puissantes" métropoles devront compter au moins 500 000 habitants dans la version existante de l’avant projet de loi Balladur. Le "mulet" qui parraine le Var pourra soigner ses blessures, l’agglomération toulonnaise dépasse de peu les 400 000 personnes. Il n’est donc pas prévu que Toulon devienne une métropole. Toulon deviendrait donc fatalement une ville de seconde zone, une communauté d’agglomération parmi tant d’autres…

Plus de ministère, adieu Toulon et son agglo, des conflits d’intérêt avec le Conseil Général du Var et aux orties la Métropole toulonnaise… Un équilibre réellement difficile à trouver pour celui qui est de plus en plus pressenti pour emmener la liste UMP aux prochaines régionales. Une question reste posée, la Région PACA vaut-elle vraiment ce prix ? Réponse dans quelques jours si le fils de Pignans tient ses promesses. Entre une place qui se dessine sur un territoire de 7 millions d’individus et l’amertume de n’être finalement qu’un notable du Var, Falco semble avoir choisi la région pour sa retraite, à moins que les conditions de l’UMP se révèlent finalement trop contraignantes… Un vrai dilemme. Mais qui peut encore résister aux desideratas de Sarkozy au sein de l’UMP ?
 
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Jeudi 27 août 2009 4 27 /08 /Août /2009 07:00

Par Jean-Claude Bouildé, Journaliste

Alors que les alliances entre partis de gauche et du centre occupent le champ médiatique à quelques jours des Universités d’été de la Rochelle, certains au PS engagent le marathon des régionales autrement, Michel Vauzelle est de ceux-là. Reste à savoir qui finira la course en tête…

Des alliances à géométrie variable
La planète socialiste en PACA n’en finit plus d’imaginer la multiplicité d'alliances possibles pour les élections régionales de mars prochain. Michel Vauzelle, le leader maximo du coin, peut d’un côté valser avec le Modem et satisfaire l’appétit marseillais de Jean-Noël Guerini, président PS du Conseil Général, artisan de l’alliance PS/Modem à Marseille, et 
plus récemment à Aix-en-Provence ; d’un autre, poursuivre l’alliance historique avec les communistes. Des communistes partagés entre la liste commune avec le PS qui garantirait un certain nombre de postes, et la liste « Front de gauche » avec les« faux frères partisans » de Mélenchon et les frères ennemis trotskistes du NPA, qui imposerait une purge d’ampleur entre les sortants et ceux qui nourrissent déjà des ambitions. Bref, la gauche de PACA est à l’image de celle du reste de la France. « Ensemble, tout est possible. » Mais « ensemble », c’est quoi au juste ?

Une certitude cependant, le magma « Europe Ecologie – Les Verts » semble vouloir faire cavalier seul pour ce qui se présente comme la ligne de départ de la prochaine présidentielle, le dernier test électoral national avant l’échéance de 2012. Rappelons que dans cette région, les listes Europe Ecologie devançaient de deux points les listes socialistes, et même de 5 points dans les Alpes Maritimes et les Hautes Alpes

Cette prise de responsabilité des écologistes peut donc se traduire comme un triomphe de la Gauche si la compétition des chapelles crée une effervescence ou comme une énième déroute si l’écart creusé avec l’UMP au premier tour apparaît trop grand. D’une façon ou d’une autre, le PS est confronté à l’impérative nécessité de se trouver des alliés, qu’ils soient Modem, Vert, PC ou PG, quelques points peuvent faire la différence.
Michel Vauzelle lance les hostilités

Michel Vauzelle lance les hostilités
Le Président socialiste sortant de la Région PACA n’est pas un renard de la politique, il n’est pas du genre à plumer le poulailler. En revanche, il a manifestement adopté une stratégie qui s’inspire de la rapidité du lièvre et de la perspicacité de la tortue… Pendant que son appareil et les militants de son appareil s’acharnent à trouver la juste alliance, il occupe le terrain politique des idées. D’une part, sur le plan local, il s’est engagé dans un processus pour renommer la Région PACA en associant les gens et lui donner un nom plus… populaire ? Il paraîtrait que
 le nom « Provence » a pris une longueur d’avance.

D’autre part, il a enfourché un cheval de bataille qui pourrait 
in fine s’avérer très payant, une pétition pour un referendum d’initiative populaire sur une Charte des Services Publics. Une charte qui reconnaîtrait notamment le droit à toute personne d’accéder à ces services, et qui exige dans son article 3 que « l’Etat (assure) la mise à disposition pour tous les citoyens de services publics de qualité, et dans l’hypothèse de services publics transférés aux collectivités locales, d’assurer à ces dernières les ressources correspondant à l’exercice effectif de ces services et à leurs évolutions. » Une charte avec laquelle il peut donc faire coup double : obtenir une multitude de soutiens locaux et apparaître comme l’un des leaders de la contestation contre l’avant projet de loi Balladur qui devrait faire l’actualité de septembre. Et cela en faisant le lien entre la nécessité de sauvegarder des services publics de proximité et la future réforme des collectivités territoriales qui les mettrait en péril.

Une véritable bombe médiatique qui pourrait bien lui sauver la mise localement alors que l'avant projet de loi Balladur s’annonce explosif à gauche comme à droite. Celui-ci prévoit en effet d’affaiblir la capacité d’initiative des régions, des départements et des communes, bref... d'affaiblir beaucoup de monde. De fait, la charte a déjà recueilli l’un des deux critères pour être soumise à référendum : un nombre de parlementaires suffisants (plus de 180). Désormais, elle va devoir passer de 300 000 signatures citoyennes à plus de 4 millions. Un pari ambitieux mais qui n’apparaît plus impossible.

La région PACA sera bel et bien le théâtre d’un affrontement sans merci, tant l’issue de l’élection est incertaine dans cette région sociologiquement de droite et tenue par la gauche depuis douze ans au bénéfice de triangulaires. Une chose est sûre, si les alliances vont indéniablement compter, elles ne seront pas la seule et unique clé de voûte de cette élection.
 
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Dimanche 19 juillet 2009 7 19 /07 /Juil /2009 23:14
Par Jean-Claude Bouildé, Journaliste

Le suspens aura duré jusqu'au bout et c'est finalement Maryse Joissains-Masini, leader UMP confrontée à une coalition PS/Modem/Vert soutenue par les candidats divers droite et Front de Gauche éliminés au premier tour, qui conserve la mairie d'Aix-en-Provence. Un résultat en guise de tour de chauffe des régionales 2010. L'écart, serré, conduit le PS à demander une nouvelle invalidation sur la base d'irrégularités constatées.

Aix, c'est d'abord l'incarnation d'un modem girouette
En 2001, François-Xavier de Peretti se présentait sous l’étiquette UDF avec un slogan d’une clarté sans détour : « Que la droite se lève ! ». Il conduit l’une des trois listes de droite qui vont faire fusion autour de Maryse Joissains-Masini, candidate alors étiquetée divers droite, qui va mettre en échec le socialiste Jean-François Picheral, dont l’hebdomadaire Le Point se demandait quelques semaines auparavant s’il était « invincible ».  
 
Sept ans plus tard, en 2008, François-Xavier de Peretti entend s’inscrire dans la dynamique Bayrou en portant le Modem au second tour de l’élection municipale. Dans une triangulaire à l’issue incertaine, il joue la carte de l’autonomie. Son score s’effondre de plus de huit points et la sortante Joissains Masini est réélue avec moins de 747 voix d’écart. La session de rattrapage de juillet 2009 suite à l’invalidation de l’élection de 2008 par le Conseil d’Etat donne alors lieu à des tractations tout à fait originales dans la cité provençale
Le Modem ex-Udf qui appelait à ce « que la droite se lève » en 2001 décide de faire liste commune avec le socialiste Medvedowski dès le premier tour pour faire perdre… Joissains Masini désormais devenue leader de l’UMP locale. Peine perdue, les alliances à géométrie variable n’auront pas suffi à faire de nouveau basculer la ville dans le giron socialiste. Joissains reste Maire d’Aix-en-Provence, seule contre tous, mais avec une avance infime, 187 voix séparent les deux candidats. 

Aix-en-Provence évite une majorité municipale rocambolesque 
Comment aurait bien pu s’articuler la nouvelle majorité municipale PS/Modem/Verts élue avec le soutien (mais sans fusion) du candidat divers droite Stéphane Salord et celui, à l'arraché de la candidate du Front de gauche ? La nouvelle majorité aurait incarnée la victoire de la Gauche, de la Droite et du Centre face à l’UMP. Cet improbable Front républicain aurait pu se construire sur un discours clair. Ce ne fut pas le cas et c'est probablement ce que les électeurs de dernière minute ont sanctionné. Ce qui explique aussi probablement le soutien tardif et distant du grand manitou de la région PACA, Michel Vauzelle, dans un entrefilet de la Provence, bien loin de l'engagement des ténors de l'UMP venus en personne soutenir Joissains-Masini. 

Un sursaut de participation salvateur pour l'UMP 
Alors que la participation flirtait avec les 44% au premier tour, elle a bondit de plus de 5% dans l'entre deux tour à près de 49,5%, soit environs 4000 voix supplémentaires redistribuées de part et d'autres. Une poussée de mobilisation d'autant plus importante l'élection se joue finalement à moins de 200 voix d'écart. Encore une fois, c'est Maryse Joissains Masini qui qui tire son épingle du jeu en récoltant 50,22% des voix. 

Une majorité municipale Joissinisée 
C’est donc reparti pour un tour Umpiste à Aix-en-Provence. L’alliance des frères ennemis Modem et PS/Verts aura échoué de quelques voix, n’améliorant pas le score des socialistes de 2001 ou 2008. Un choix stratégique qui ne paie donc pas et qui va de nouveau plonger l’opposition municipale dans les querelles de clocher face à une majorité littéralement joissinisée. Un paysage politique municipal dans lequel l’autre gauche n’est plus représentée, malgré l’union PG/PCF/NPA, l’autre droite de Salord n’étant pas davantage représentée au conseil municipal. 
Le paysage politique conforte finalement Joissins et permet au clan de Sarkozy de garder Aix-en-Provence dans son escarcelle. Un clan mobilisé jusqu’aux dents avec la venue dans l’entre deux tour de Jean-François Copé et de Fadela Amara. Un clan qui aura été jusqu’au bout de la logique populiste en évoquant dans un tract le surprenant soutien de Zinedine Zidane, comme le rapporte Cyril Di Méo sur son blog. 

Les régionales en ligne de mire : la stratégie du PS en question
L'échec d’un socialiste à la mairie d'Aix-en-Provence symbolise désormais l'inquiétude du premier d’entre eux en PACA, Michel Vauzelle, sur ses propres chances de garder son fauteuil de Président à l’Hôtel de région. Une inquiétude qui ne sonne toutefois pas le glas des espoirs de cette alliance de centre gauche. Car si le socialiste Medvédowski ne recueille que 49,78% des suffrages, il s'en est fallu de peu pour que la ville change de couleur politique en faveur de ceux qui, séparés au premier tour de 2008, avaient recueilli près de 60% des voix. L'alliance PS/Modem/Verts a ainsi démontré qu'elle était viable en pratique. Une question se pose maintenant pour le PS, si le Modem et les Verts semblent incontournables pour conserver la région Paca, sont-ils suffisants ? N'est-il pas par ailleurs nécessaire de réussir à élargir cette alliance au Front de Gauche, ou a minima, au PCF et au Parti de Mélenchon ?

Les communistes sont sur le grill, le Front de Gauche vacille
Une réponse négative à l'alliance PS/Verts/Modem/PCF tourmente déjà les conseillers régionaux communistes de PACA, dont le renouvellement s’annonce compromis. D'un côté, s'ils rejoignent le PS dès le premier tour, ils devront davantage céder de places lors du second tour en raison de fusions possibles avec le Modem et les Verts. En effet, si ceux-ci décident de partir seuls, ils recueilleront a priori assez de voix pour pour faire fusion, une fusion nécessaire si le PS veut envisager de garder la région. De l'autre, s'ils décident de partir avec le Front de Gauche uni comme à Aix (PG/PCF/NPA), alors il leurs faudra espérer être devant les listes vertes et Modem, un pari assurément difficile à l'aune des résultats aixois du Front de gauche. D'autant plus difficile qu'ils ont 19 élus à sauver, c'est-a-dire presque autant que l'UMP et 7 de plus que les Verts.

Un Front du NPA au Modem pour battre l'UMP ?
Dans l'optique des régionales 2010, le PS va donc plus jamais s'interroger sur ses alliances. Avec les communistes et les Verts, il a conservé la région en 2004, mais c'était une triangulaire. Avec le Modem en 2008, il a mis en ballottage le Maire de Marseille UMP Jean-Claude Gaudin. En 2009, la mairesse d'Aix-en-Provence Maryse Joissins-Masini a tremblé face à cette même alliance. Une stratégie qui, si elle n'est toujours pas payante, pourrait bien par conséquent s'avérer gagnante en 2010, à condition de grappiller encore quelques voix, les réserves n'existant qu'à gauche aujourd'hui. 

L'UMP engage le marathon des régionales, en attendant le KO ?
Les résultats d'Aix-en-Provence montrent in fine que des régions comme la PACA peuvent basculer. En effet, si l'alliance Tous contre l'UMP a prouvé qu'elle rendait l'issue des scrutins incertaine, elle n'a pas encore été suffisante. Le résultat conforte la machine UMP face à la multiplicité des possibilités d'alliance à gauche qui ne rassure pas forcément les électeurs de tout bord. Les socialistes ayant déposé un recours pour faire invalider cette élection municipale d'Aix-en-Provence après qu'ils aient constaté des irrégularités, et que celle-ci se soit jouée à moins de 200 voix, la suite au prochain round, aucun des adversaires n'est encore KO.

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Actu

PACA : le PS coincé entre l'UMP et une liste Verts Modem
Depuis 1998, la gauche tient l'exécutif régional de la Provence-Alpes-Côte d'Azur. Elle le doit beaucoup au poids du FN dans la région. Depuis que le transi Toulonnais Hubert Falco a renoncé à partir à l’assaut de la région PACA, rien n’allait plus sur la planète UMP. Il fallait bien une dose de démocratie pour remettre les choses dans l’ordre...

PACA : Michel Vauzelle lance les hostilités
Alors que les alliances entre partis de gauche et du centre occupent le champ médiatique à quelques jours des Universités d’été de la Rochelle, certains au PS engagent le marathon des régionales autrement, Michel Vauzelle est de ceux-là. Reste à savoir qui finira la course en tête…
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La municipale d'Aix 2009

Aix-en-Provence : le labo du PS avant les régionales ?
Le premier tour des municipales d'Aix en Provence la semaine passée à déjà mis sur la table nombre d'enseignements à prendre avec précaution : la résistance de l'UMP, le score en demi teinte de la gauche, l'explosion de la bulle verte et l'effondrement du Front de gauche. Explications.
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A Aix le tout sauf Joissains n'a pas suffi pour battre l'UMP
Le suspens aura duré jusqu'au bout et c'est finalement Maryse Joissains-Masini, leader UMP confrontée à une coalition PS/Modem/Vert soutenue par les candidats divers droite et Front de Gauche éliminés au premier tour, qui conserve la mairie d'Aix-en-Provence. Un résultat en guise de tour de chauffe des régionales 2010. L'écart, serré, conduit le PS à demander une nouvelle invalidation sur la base d'irrégularités constatées.

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